La "route de Lyon" n'est pas qu'un simple nom sur une carte. C'est un fil rouge qui traverse les siècles, relie les terroirs, mêle l'histoire à la modernité, et invite à des voyages bien différents selon qu'on la franchisse à pied, à vélo ou au volant.
Que ce soit une rue locale, un itinéraire de pèlerinage ou une artère mythique du sud de la France, cette appellation évoque des images fortes, des parfums de vigne et de terre, et des souvenirs de routes ouvertes sous un ciel sans nuages.
Désormais, en 2026, ces chemins retrouvent une nouvelle actualité, entre retour à l'essentiel et désir d'explorer des itinéraires authentiques. Et ça va vous permettre de redécouvrir la France autrement.
Comprendre la "Route de Lyon" : Une pluralité de sens
Souvent, quand on parle de "route de Lyon", on croit deviner une seule voie. Pourtant, il n'y a pas une route, mais plusieurs. Chaque ville, chaque région a donné ce nom à une voie qui pointe vers la capitale des Gaules. Cette appellation est autant géographique qu'historique, et elle raconte une époque où Lyon, point névralgique du commerce et des échanges, était une destination essentielle.
La Route de Lyon à Grenoble : Une artère historique
À Grenoble, la Route de Lyon est bien réelle, bien vivante, et surtout bien tracée. Elle traverse le quartier Bastille-Saint-Laurent, relie le pont de la Porte de France à la RN481, et forme un axe nord-sud stratégique. Longue, droite, bordée d'activités, elle est aujourd'hui une voie majeure pour les automobilistes comme pour les cyclistes.
Ce tracé n'a rien d'anodin. Il remonte à 1620. À l'époque, François de Bonne de Lesdiguières, gouverneur du Dauphiné, décide de créer un passage au pied de la colline de la Bastille. Avant ça, la route vers Lyon passait par la montée de Chalemont, bien plus escarpée. Ce nouveau chemin a changé la donne : il a fluidifié les échanges, renforcé l'importance de Grenoble comme carrefour alpin.
Devenue route impériale en 1811, puis route royale 85 pendant la Restauration, cette voie a vu passer bien des convois, des troupes, et même Napoléon Ier lors de son retour de l'île d'Elbe. Aujourd'hui, elle est parallèle à la ligne E du tramway, inaugurée en 2014, avec des stations comme Annie Fratellini - Esplanade et Casamaures - Village. Modernité et histoire cohabitent, sans se disputer.
Il est courant de croiser des habitants qui vivent là depuis des générations, des commerces de proximité qui ont résisté aux grandes surfaces, et des architectes qui s'inspirent encore des tracés anciens pour imaginer les villes de demain.
La Route de Lyon dans d'autres villes : Des voies locales
Hors de Grenoble, le nom revient dans des endroits inattendus. À Avignon, par exemple, l'adresse 77 Route de Lyon n'est pas une route principale, mais une simple rue, comme tant d'autres. Pourtant, son nom ne trompe pas : elle indique la direction historique vers Lyon. Même chose à Illkirch-Graffenstaden, près de Strasbourg, où la Route de Lyon abrite aujourd'hui un ancien château, des hôtels, un parc animalier, et des salles de danse. Rien de très lyonnais, mais une orientation bien ancrée dans le passé.
L'ancienne Route Nationale 7 : La mythique "Route du Soleil"
Si on élargit encore le champ, la "route de Lyon" prend une tout autre dimension. Elle devient un symbole. Celui de la N7, l'ancienne route nationale 7, surnommée la "Route du Soleil". Cette voie mythique reliait Paris à Menton, en passant par Lyon, Valence, Montélimar, Avignon… Elle était le rêve des vacanciers des années 50, entassés dans des 404 ou des DS, avec des enfants à l'arrière, un jambon dans la boîte à gants, et l'impression d'être en route vers l'infini.
Aujourd'hui, la N7 n'est plus l'artère principale. L'A7, plus rapide, l'a reléguée au rang de route secondaire. Mais c'est justement ça, son avantage. Elle n'est plus une voie de transit, mais une invitation à ralentir. À découvrir les territoires qui bordent les autoroutes, mais qu'on ne voit jamais.
Histoire des routes desservant Lyon
Lyon n'a pas été choisie par hasard par les Romains. Située au confluent du Rhône et de la Saône, elle était un carrefour naturel. Dès le Moyen Âge, des chemins convergent vers elle. Mais c'est à partir du XVIIe siècle que les choses s'accélèrent.
Chronologie des routes lyonnaises
Du Moyen Âge au XVIIe siècle
Avant l'ère moderne, les routes étaient des chemins de terre, souvent impraticables en hiver. Les échanges se faisaient surtout par voie fluviale. Mais dès le XVIIe siècle, les pouvoirs publics comprennent l'importance de relier les villes entre elles. Des travaux sont lancés pour améliorer les voies, assurer la sécurité des voyageurs, et faciliter le transport des marchandises.
C'est à cette époque que des ingénieurs comme Dijon ou Hupeau tracent des routes plus droites, mieux alignées. À Thiers, par exemple, la rue de Lyon (devenue aujourd'hui avenue Carnot) est aménagée à partir des années 1730. Ce n'était pas une mince affaire : il fallait déboiser, terrasser, construire des ponts. Mais le jeu en valait la chandelle. La ville, spécialisée dans la coutellerie, pouvait enfin expédier ses produits plus rapidement.
L'ère impériale et le XIXe siècle
Sous Napoléon, le réseau routier est réorganisé. Les routes impériales sont numérotées. La route de Lyon devient la 93, puis la 85 sous la Restauration. Ce classement donne un cadre, une continuité. Les voyageurs savent désormais où ils vont, et combien de temps ça va leur prendre.
Le XIXe siècle voit l'arrivée du chemin de fer, qui va bouleverser les habitudes. Mais les routes ne disparaissent pas. Au contraire, elles se modernisent. Des ponts sont construits, des chaussées pavées, des bornes kilométriques installées. Lyon devient un nœud ferroviaire majeur, mais les routes restent vitales pour les trajets de proximité.
Le XXe siècle et les grands projets routiers
Le XXe siècle est celui des grands aménagements. Dans les années 1920, le Plan Chalumeau vise à désengorger Lyon, à créer des boulevards de ceinture, à améliorer l'hygiène urbaine. C'est l'époque où l'on pense la ville comme une machine à vivre, avec des flux à organiser, des quartiers à relier.
Et puis vient le Boulevard Périphérique de Lyon, lancé en 1931 par Laurent Bonnevay. Long de 25 km, il entoure la ville par le nord-ouest et l'est. Il a deux fonctions : fluidifier la circulation et servir de digue contre les crues du Rhône. Conçu comme un boulevard urbain moderne, avec trottoirs arborés, pistes cyclables et réservation centrale, il est inauguré en 1960.
Aujourd'hui, il reste un axe stratégique. Mais il est aussi débattu. Certains le voient comme une cicatrice urbaine. D'autres comme une infrastructure indispensable. Et il y a cette portion à péage entre la Porte de Vaise et la Porte de Saint-Clair, incluant le tunnel de Caluire, qui divise toujours autant.
Voyager sur la Route de Lyon aujourd'hui : Itinéraires et découvertes
En 2026, emprunter la "route de Lyon", ce n'est plus seulement se déplacer. C'est choisir un rythme, une intention. On peut marcher, rouler, ou même ne rien faire d'autre que rêver en regardant le paysage défiler.
Connaissez-vous vraiment la Route de Lyon ?
Le Chemin de Compostelle : La voie de Lyon
Pour les marcheurs, la voie de Lyon est un tronçon du GR® 765, qui relie Lyon au Puy-en-Velay. Un départ en douceur, à travers les collines douces du Lyonnais, avec leurs vergers, leurs petits villages comme Thurins ou Saint-Martin-en-Haut, leurs églises romanes.
Le départ se fait à la cathédrale Saint-Nizier, au cœur du Vieux Lyon. On traverse le quartier Saint-Jean, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Puis on quitte la ville, on longe des aqueducs romains, comme celui de Chaponost, et on plonge dans une ruralité apaisante.
Ce n'est pas un parcours facile. Il dure environ 10 jours. Mais il est accessible à ceux qui ont un minimum d'entraînement. Et surtout, il est servi par des services de transport de bagages, comme ceux proposés par des entreprises spécialisées. Ça va vous permettre de voyager léger, sans sac à dos de 15 kg, et de profiter pleinement du trajet.
D'ailleurs notre guide sur les services de transport de bagages pourrait vous aider à mieux organiser votre périple.
Road Trip dans la Vallée du Rhône : De Lyon à Avignon
Pour les automobilistes, la vallée du Rhône est une destination prisée. De Lyon à Avignon, en passant par Tain-l'Hermitage, Valence, Montélimar, Vaison-la-Romaine, c'est un condensé de ce que la France a de meilleur à offrir.
À Lyon, on commence par flâner dans les traboules, dîner dans un bouchon, ou tester un restaurant étoilé. La ville est une référence en matière de gastronomie. Mais elle n'est que le hors-d'œuvre.
À Tain-l'Hermitage, on plonge dans le monde du vin. Les vignobles en pentes abruptes produisent des crus légendaires : Côte-Rôtie, Condrieu, Hermitage. Des domaines comme Chapoutier ou Jaboulet proposent des dégustations, des visites de cave, des ateliers. Et à deux pas, la Cité du Chocolat Valrhona ravit les amateurs de douceur.
| Étape | Spécialité | Incontournable | Durée recommandée |
|---|---|---|---|
| Lyon | Gastronomie | Traboules du Vieux Lyon | 2-3 jours |
| Tain-l'Hermitage | Vins et chocolat | Domaine Chapoutier + Valrhona | 1 jour |
| Valence | Cuisine étoilée | Restaurant Anne-Sophie Pic | 1 jour |
| Montélimar | Nougat | Dégustation artisanale | 1/2 journée |
| Grignan | Château et olives | Château des Adhémar | 1/2 journée |
| Gigondas | Vins rouges | Dégustations en cave | 1 journée |
| Avignon | Patrimoine | Palais des Papes | 2 jours |
À Valence, on croise l'univers d'Anne-Sophie Pic, la seule femme triplement étoilée en France. Son restaurant, son hôtel, sa boutique, tout respire l'excellence. Mais on ne se lasse pas non plus de la vieille ville, avec ses ruelles pavées, ses marchés, ses façades Renaissance.
Plus au sud, Montélimar fait saliver avec son nougat. Grignan émerveille avec son château perché. Nyons enchante avec ses olives noires. Et Gigondas, niché au pied des Dentelles de Montmirail, propose des vins rouges puissants, des paysages de carte postale, et des tables étoilées comme L'Oustalet.
On ne passe pas à côté de la Caverne du Pont-d'Arc, réplique exacte de la grotte Chauvet, avec ses peintures préhistoriques datant de 32 000 ans. Une expérience forte, presque sacrée. Et à Châteauneuf-du-Pape, on termine en beauté, entre dégustations, musée du vin, et hébergements insolites comme les cabanes éco-responsables de Coucoo Grands Cépages.
Et Avignon, bien sûr. La ville des Papes, avec ses remparts, son palais, son pont. Un final digne d'un grand voyage.
Questions fréquentes sur la Route de Lyon
Les services de transport de bagages proposent des points de dépose et de retrait dans les villes-étapes. En général, vous laissez vos affaires à l'hôtel le matin, et vous les retrouvez le soir. Aucun stress, aucun fardeau. Il suffit de bien organiser les réservations.
Le printemps (avril-mai) et l'automne (septembre-octobre) sont idéaux. Les températures sont douces, les paysages fleuris ou colorés, et les foules moins nombreuses. L'été peut être caniculaire, surtout dans le sud de la vallée.
Oui, le Boulevard Périphérique de Lyon comporte une portion à péage entre la Porte de Vaise et la Porte de Saint-Clair. De même, les autoroutes comme l'A7 sont soumises à péage. Les routes nationales et départementales, en revanche, sont gratuites.
La Route Nationale 7 historique s'étendait sur environ 1 050 kilomètres, reliant Paris à Menton. Elle traversait la vallée du Rhône sur plusieurs centaines de kilomètres, passant par Lyon, Valence, Montélimar et Avignon.
Conclusion : Un voyage à travers le temps
En somme, la "route de Lyon" n'est pas une ligne droite. C'est un réseau, une histoire, une invitation. Qu'on soit piéton, cycliste ou automobiliste, elle offre des itinéraires riches, des découvertes authentiques, et des moments de grâce. Et en 2026, alors que beaucoup cherchent à ralentir, à reconnecter, elle retrouve tout son sens.
Franchement, visiter Lyon en explorant ces routes historiques, c'est une expérience unique qui mêle passé et présent. Entre les ruelles du Vieux Lyon et les autoroutes modernes, chaque kilomètre raconte une histoire différente de la France.